Le Lundi 26 Novembre 1979 dans les premières heures de la nuit à Cergy-Pontoise (Val d'Oise) dans le quartier dit de la Justice Mauve, témoin 1(presque 19 ans), témoin 2 (25 ans) et témoin 3 (25 ans), sont en train de charger une Ford break avant de se rendre au marché de Gisors vendre des habits de confection (jeans).


Ils aperçoivent soudain dans le ciel une lumière qui les surprend : Il nous est apparu très distinctement qu'un faisceau lumineux se dirigeait à vitesse pas trop rapide vers le sol déclarera témoin 2.



Après avoir émis diverses hypothèses sur le phénomène, témoin 1, seul dans la voiture au volant, dit Je vais voir, rejoignez-moi là-bas à témoin 2 et témoin 3 qui montent de leur côté dans leurs appartements situés à proximité, boulevard de l'Oise, pour prendre un appareil photo (témoin 3) et un restant de matériel (témoin 2), tandis que témoin 1 se dirige en voiture vers la lumière et le point de chute présumé.

Au volant et l'arrêt, il voit apparaître sur sa droite une boule lumineuse grossissant de plus en plus, jusqu'à envelopper complètement la voiture, lui provoquant de forts picotements dans les yeux. témoin 3 ne trouvant pas de pellicule, il redescend avec témoin 2 rejoindre la voiture, dont ils ne voient à 200 m que l'arrière, et l'avant enveloppé dans un halo lumineux circulaire [et laiteuse; d'environ 4 m de diamètre], accompagnée de 3 ou 4 sphères lumineuses. Le phénomène se résorbe, et disparaît dans le ciel. Ils s'approchent alors de la voiture. La portière est ouverte, une vitesse enclenchée (sic). Le moteur est calé (sic) et son conducteur a disparu. Ils appellent, hèlent, et scrutent, en vain, un horizon désert. Il est 04:30.


Affolé par les circonstances de cette disparition qu'il n'explique pas, témoin 3 appelle commissariat de police de Pontoise : Notre ami a été enlevé par un truc mystérieux, ce doit être un ovni. La Police tardant à arriver (ne les ayant peut-être pas crus), témoin 2 appele la gendarmerie de Cergy. témoin 2 et témoin 3 sont interrogés, on procède à des recherches sur le terrain.


A midi, les enquêteurs n'ont trouvé aucune trace de témoin 1. Il n'y avait pas de brouillard ce soir là, et les témoins n'avaient absorbé que du café. Les enquêteurs envisagent un moment que témoin 3 et témoin 2 aient tué témoin 1 et fait disparaître son cadavre, mais abandonnent cette piste et confient le dossier au commandant Cochereau. Ce dernier ne croit pas en l'hypothèse de l'enlèvement par un ovni, témoin 1 ayant très bien pu disparaître à pied ou en auto-stop L'affaire fait les gros titres de la presse internationale d'autant que témoin 1 reste introuvable... pendant une semaine.


Retour sur Terre


Le Mars 12, il réapparaît dans un champ de choux bordant la route sur laquelle il se serait "envolé", à 04:30 . Il se retrouve debout, exactement à l'endroit où il se trouvait avec sa voiture lors de sa disparition. Il croit alors que sa voiture avait été volée et se précipite chez témoin 2. Trouvant porte close, il se rend chez témoin 3, qu'il s'étonne de trouver en pyjama, avant de lui annoncer le vol de sa voiture [qu'il faut se dépécher de partir ?]. témoin 3 lui explique qu'on le cherche depuis huit jours. Ils se rendent chez témoin 2, où ils sont bientôt rejoints par la mère et l'amie de Frank, Manina (21 ans). Là, tous discutent de ce qu'il convient de faire.


A 05:30, une radio périphérique reçoit un appel anonyme annonçant la "réapparition" de Frank (témoin 3 dira que c'était lui et qu'il avait laissé ses nom, prénom et adresse, mais on trouvera nulle trace de son appel). A 07 la radio téléphone à la gendarmerie, qui apprend la nouvelle. Entendu par le parquet de Pontoise (par M. Houpert, Substitut du Procureur de la République), témoin 1 confirme en tous point les déclarations de ses amis, mais affirme tout ignorer de ce qui a pu lui arriver depuis le jour de sa disparition.


Les gendarmes sont très dubitatifs, même s'il reconnaissent une apparente sincérité chez les témoins, et ont peine à croire à un canular pour attirer l'attention : Cela ne pouvait que leur apporter des déboires et ils semblent en être parfaitement conscients, déclarera le commandant de gendarmerie Courcous, qui dirige l'enquête. Et de fait, aucun des 3 témoins n'a de permis de conduire, la vérification de leur comptabilité montre qu'ils vendaient leurs jeans à la moitié du prix qu'ils leur étaient facturés, et aucun n'était en règle avec le fisc. témoin 1 déclarera plus tard : Si c'était à refaire, je raconterais n'importe quoi, sauf la vérité, car elle me vaut trop d'ennuis.


On passe les vêtements et les lieux de réapparition (sans aucune trace d'atterrissage) au compteur Geiger, procède à des prises de sang... mais rien d'anormal. témoin 1 paraît en bonne santé : ni affamé, ni assoiffé, portant les mêmes vêtements (non fripés, sans traces de boue) que le jour de sa disparition et ayant sur lui la même somme d'argent (100 francs). témoin 2, lui, dit ne toujours pas croire aux ovnis, malgré l'événement. Après 8 h d'interrogatoire, les 3 témoins sont libérés, libres de toute inculpation.


Interrogé sur sa période de disparition, témoin 1 semble retrouver la mémoire : C'était agréable. Quand je dors, cela me revient, mais ce n'est pas un cauchemar, ajoutant d'un sourire entendu : C'est spécial. Mais il se refuse à aller plus avant dans ses révélations : Si je vais plus loin, on ne me croira pas et on me prendra pour un fou. témoin 2 dit avoir reproduit son témoignage sous hypnose. témoin 1, lui, s'y refuse : Si je parle sous hypnose, tout sera dévoilé et je ne veux pas que tout soit dévoilé. Il y en a assez de toute cette histoire (il le sera pourtant en janvier à Marseille l'IMSA concluera à la bonne foi des jeunes gens et de la réalité objective de leur aventure).


Pressé de questions, il pose ses conditions : Pour tout révéler, il faut des garanties de l'État. Quand je serai sûr qu'on ne m'embêtera pas. Pour le moment, ce qui est dans ma mémoire, je le garde pour moi. Il fera pourtant la description suivante : J'ai repris connaissance dans un laboratoire. Il y avait plusieurs machines. Des cadrans lumineux. Dans la pièce il y avait des petites boules lumineuses, grosses comme des oranges qui se déplaçaient, et qui parlaient, "on" me parlait, "on" conversait avec les boules 3


Le GEPAN est saisi, et un enquêteur de la gendarmerie déclare : Pour nous, l'affaire est terminée, la parole est maintenant aux scientifiques. témoin 1, lui, ne leur accorde pas beaucoup de crédit : Hier, ils sont venus. Je leur ai proposé d'en parler longuement, mais ils sont partis, disant qu'ils étaient fatigués. Alors le GEPAN, ça va comme çà. La spéculation est intense, mais les enquêteurs (tant ceux du GEPAN que du groupe privé Control) savent déjà que quelque chose ne va pas 4. De nombreux détails ne collent pas et témoin 2, à qui il n'est rien arrivé, prend une place prépondérante dans l'affaire : il prétend être l'authentique contacté de toute l'histoire. L'extraterrestre Haurrio lui enverrait, à lui seul, des messages télépathiques.


En janvier, l'IMSA convainc témoin 1 de se faire hypnotiser, et publie après confirmation des témoignages un communiqué mentionnant les menaces et intimidations dont ont été l'objet les jeunes gens depuis l'événement, ainsi que des que des vols et actes de malveillance dont ils ont été victimes àCergy-Pontoise, pendant leur séjour à Marseille 54 mois après la réapparition de témoin 1, Jimmy Guieu publie un livre avec les témoins 6.

Le mystère est soigneusement entretenu et même cultivé. Les extraterrestres doivent se manifester à Cergy le . Des milliers de personnes se donnent rendez-vous. En vain.


Aveux


Après que le GEPAN et des ufologues aient dénoncé le canular 8, et au terme du délai de prescription de 3 ans pour outrage à magistrat, témoin 2 annonce en Juin 1983 sur Radio Korrigan : L'affaire de Cergy, c'est bidon. Peu après, à la presse, il déclare plus formellement encore :

J'affirme que l'affaire de Cergy-Pontoise est bidon du début à la fin. J'en suis le seul responsable. C'est moi qui ai tout organisé, tout monté. Je peux le prouver. témoin 1 a passé les 8 jours de sa disparition dans l'appartement d'un ami, à Pontoise ; c'est moi qui l'y ai conduit, et c'est moi qui l'ai ramené. Comment peut-on imaginer des extraterrestres venant enlever un guignol9. 

Malgré tout, nouvelle tentative de rendez-vous extraterrestre le 15 août, nouveau. A nouveau rien ne se passe.


Si la cause est entendue, les motivations restent à ce jour confuses et "l'arme du crime", autrement dit l'endroit précis ou Frank a passé cette semaine reste à déterminer. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l'affaire de Cergy-Pontoise, du canular simple à l'affaire à visée lucrative, en passant par une expérience psychologique menée par un groupe mystérieux.


Cette dernière hypothèse, soutenue par Jacques Vallée, serait une opération menée de toutes pièces par une agence ministérielle à travers laquelle se dessine l'empreinte des services secrets français. L'affaire de Cergy-Pontoise serait alors une manipulation d'opinion consistant à étudier la façon dont réagirait le public, les médias, les forces de police et les milieux scientifiques face à un événement extraordinaire. L'informateur de Vallée affirme avoir recueilli directement les confidences de M. D., l'un des organisateurs de l'opération, membre du STET.


source : http://rr0.org/