Récit de Brigitta MORF. 

« En 1995, nous avons reçu une longue lettre d'une suissesse du canton de Berne, qui voulait crée run « Centre pour non-terrestre ». Ce centre doit être un groupe d'auto­-assistance pour des personnes « qui ont fait des expériences avec des non-terrestres, difficiles à intégrer ». Les premières rencontres sont déjà programmées. Mme Morf nous a fait part de ses propres expériences. C'est arrivé lorsque j'avais entre 12 et 15 ans. J'étais rentrée de l'école, j'ai mangé, puis me suis rendue directement à ma chambre et me suis laissée tomber sur le lit. En face de moi, il y avait un réveil qui indiquait 14 h. J'avais poussé un profond soupir, la tête appuyée contre le mur, en réfléchissant quels seraient les premiers devoirs que je ferai. Lorsque cinq minutes après, environ, je regardai à nouveau sur la montre, il était 15 h. Qu'une montre puisse retarder, de temps à autre, cela, je pouvais le comprendre, mais qu'elle aille plus vite, cela, je ne pouvais le concevoir. Tout en ruminant encore sur cet incident, je remarquai, flottant dans ma chambre, de grands éclairs de lumière, blancs argentés. Je ne pouvais pas les voir directement, mais je n'avais pas non plus l'impression qu'il s'agissait d'une réflexion lumineuse ou d'une illusion sensorielle. Peu de temps après, ils avaient disparu, et je contrôlai sur ma montre-bracelet et sur l'horloge de la cuisine l'heure. Mais il était toujours 15 h. 


Je ne sais plus très bien, si avant ou après cette expérience, je ressentis la forte impulsion d'écrire un livre, et ce, avec le titre : « Mon enlèvement par des extraterrestres ! » 


J'ai toujours été attirée par les étoiles, et comme enfant, déjà, je regardais souvent le ciel étoilé, le soir. En même temps, je ressentais un étrange sentiment de nostalgie. Je me suis toujours souhaité un télescope, et on m'en a offert un à l'occasion de l'un de mes anniversaires. Je me suis choisi une étoile, avec cet instrument, que je regardais régulièrement. Quelque temps après, je repérai deux planètes au ciel, et entre elles, un petit point blanc se balançait, à intervalles irréguliers. Donc, un vaisseau spatial. (Bien que l'on ne puisse pas reconnaitre cela dans la réalité). J'observais ce trafic aérien durant des semaines et des mois, sans constater, pourtant, de grands changements. Un an, environ, après ma découverte, je faisais une promenade, un soir. Après avoir marché durant un certain temps, je découvris entre les arbres et les buissons une brillante source lumineuse, mais pas d'une clarté éblouissante ; c'était plutôt une clarté agréable. Je me rapprochai de ce phénomène, en me penchant un peu, et lorsque je découvris l'origine de la lumière, le sang se glaça dans mes veines. Il y avait là une grande sphère lumineuse, qui flottait dans une clairière, avec un diamètre de 10 à 15 m. Cela ressemblait à une boule de verre, à l'intérieur de laquelle brillait une source lumineuse laiteuse. Normalement, la lumière de cette grande boule aurait du s'étendre beaucoup plus loin, mais à partir d'une certaine zone extérieure, c'était à nouveau l'obscurité de la nuit qui prédominait. Il s'agissait certainement d'une mesure de protection des extraterrestres. 


Je m'approchai donc le plus près possible, et me cachai derrière les buissons. À présent, je pouvais aussi voir les occupants du vaisseau spatial. Ils se déplaçaient dans l'environnement lumineux du vaisseau, en brisant une branche par ci, une feuille par là, en grattant de la terre, et en mettant tous ces objets dans de petits récipients. Ces êtres avaient une grosse tête, pas d'oreilles, pas de cheveux, pas non plus de nez, uniquement des orifices; ils avaient certes une bouche, mais pas de lèvres. Bref, tout ce qui marque et caractérise vraiment un visage manquait. Même les yeux étaient tout simplement grands, sans pupilles, sourcils ou paupières. Leur corps était asexué et du fait de leur peau ressemblant à du cuir, on avait comme l'impression qu'ils portaient une combinaison recouvrant tout leur corps. Les êtres se déplaçaient lentement, mais sûrement. Chaque mouvement de la main semblait être programmé à l'avance, et soigneusement réfléchi. Moi, dans ma cachette, malgré ma peur, j'étais fasciné par l'assurance que ces extraterrestres manifestaient en se déplaçant sur terre. Notre planète ne leur semblait pas étrangère. L'un de ces extraterrestres se rapprocha finalement assez près de ma cachette, et, je voulus m'enfuir rapidement. Il semblait me dévisager à travers les buissons, et dans un premier temps, je fus incapable de me sauver. Sans qu'il ait prononcé la moindre parole ou fait le moindre mouvement, sauf qu'il ne me lâchait pas des yeux, les autres s'étaient arrêtés dans leur travail de cueillette et s'approchaient maintenant de moi. En peu de temps, j'étais complètement entourée par ces êtres. 


À présent, il était trop tard pour m'enfuir. Pendant un certain temps, ils me dévisagèrent en silence, ce qui me donna des sueurs froides. Bien que ces êtres n'étaient pas plus grands que des enfants de 8 ans, et que je les surplombai, je ressentais malgré tout une autre force émanant d'eux. Finalement, lorsqu'ils m'eurent observé durant un certain temps, ils se rapprochèrent lentement de moi. J'inspirai profondément et poussai un grand cri pour les effrayer, ce qui me réussit en partie. Mais après quelques instants d'hésitation, ils vinrent vers moi, et chacun toucha une autre partie de mon corps, qu'il me fut impossible de bouger dans l'immédiat. Puis, en un rien de temps, je flottai horizontalement dans l'air, et accompagnée par les êtres, je flottai en direction du vaisseau spatial, et finalement à l'intérieur blanc de l'engin. Puis, je me trouvais en position allongée sur une couche et pus apercevoir une partie des machines, dont le pupitre de commande. L'un de ces extraterrestres manipulait différents tableaux de commande. Pendant un bref moment, le brouillard blanchâtre s'éclaircit, surtout à la paroi du vaisseau spatial arrondi, en permettant ainsi de regarder au dehors. Une chose était claire : ils voulaient m'emmener et je me faisais peu de souci sur l'endroit où j'allais atterrir ; je pensais plutôt à mes proches, et sur ce qu'ils entreprendraient, et sur le fait qu'ils n'avaient aucune idée de tout ce qui se passait.

Nous quittâmes la Terre, et un extraterrestre vint vers moi et me dit de dormir. En fait, il ne bougeait pas ses lèvres, mais il me le dit par transmission de pensées — une méthode de communication merveilleuse — d'ailleurs à peine me l'avait-il « dit » que je tombai dans un profond sommeil. 

Je m'arrête là, pour le début de mon livre. Je le répète encore une fois : à l'époque, tout cela m'est venu spontanément en mémoire, et j'ai ressenti une forte impulsion à le consigner par écrit. Je ne peux malheureusement pas savoir dans quelle mesure mon imagination a enjolivé des faits réels. Mais je peux encore bien me rappeler qu'à l'époque je me trouvais souvent dehors, la nuit, en regardant avec nostalgie le ciel et les étoiles. En même temps, je me disais avec mélancolie : « Ah, si seulement je me trouvais chez moi, dans ma patrie. » 

Source : MAGAZIN 2000 n° 111 - 6/7-96.